Le village des Bories, unique en son genre,
se compose de sept groupes de cabanons ayant chacun une fonction bien précise.
On reconnaît ainsi des habitations, des étables, des bergeries, des granges,
des greniers, des magnaneries et fournils, des cuves et fouloirs,
des poulaillers, des soues et chevrières.
L'existence de ce village prouve,
qu'en dehors d'une utilisation intermittente de la borie,
comme habitation provisoire par exemple ou à des fins pastorales ou agricoles,
on pouvait également trouver une organisation sociale
et économique construite autour de ces habitats dans les temps anciens

Le mot "Borie", d'origine provençale, vient du latin "boaria"
- étable à bœuf -, signifiant une cahute.
Le cabanon a toujours été une institution en Provence.
D'abord construit sur les champs pour abriter les outils des paysans,
il est devenu, au fil du temps, la petite maison de campagne aménagé,
quelquefois de manière rudimentaire, pour passer les dimanches ou les vacances.
La borie permettait également aux bergers de s'abriter avec leur troupeau.
Pour la construire, comme le "bancau",
on dépierrait les terrains calcaires.
Il n'y avait qu'à se baisser pour ramasser.
Protégée, elle alimente encore aujourd'hui le paysage provençal,
se dressant ça et là dans des champs, dans la garrigue,
comme un vestige patrimonial chéri et respecté.

C'est au détour de sentiers pénétrant la garrigue
ou des couverts de chênes verts que le visiteur découvre cet ensemble
de trente cabanons de pierre sèche ressuscité
et restauré par dix années de travail.
Ces constructions typiques aux formes pures et simples
représentent un chef d'ouvre architectural :
le savant empilage de pierres non jointées avec une voûte en encorbellement.
De petits cabanons qui reflètent si bien l'harmonie des éléments naturels,
desquels émanent un caractère austère et, en même temps,
une douceur extrême caressée par l'étonnante lumière de Provence

Fruit d’un épierrage incessant,
les bories témoignent d’un art de bâtir ancestral hérité du néolithique
et directement lié à la nature du sol (calcaire)
et à l’économie des moyens (ni mortier, ni échafaudage)…


